Le microbiote cutané comme biomarqueur des expositions professionnelles
Le cadre conceptuel de l’exposome s’est imposé comme un paradigme central en santé au travail, visant à appréhender l’impact cumulatif des expositions professionnelles et environnementales tout au long de la vie. Toutefois, sa mise en œuvre reste limitée par l’absence de biomarqueurs biologiques à la fois informatifs et compatibles avec des stratégies d’échantillonnage à grande échelle et peu invasives. Il existe ainsi un besoin critique de biomarqueurs intégratifs capables de refléter différents types d’expositions professionnelles.
Dans ce contexte, le microbiome cutané apparaît comme un candidat particulièrement prometteur. En tant qu’interface principale entre l’organisme et l’environnement de travail, la peau et ses communautés microbiennes associées sont continuellement exposées à des agents chimiques, physiques et biologiques. Des données récentes suggèrent que les conditions professionnelles et environnementales peuvent moduler significativement la composition du microbiote cutané, avec des conséquences potentielles sur les fonctions immunitaires et la santé.
Ce projet vise à évaluer le potentiel des profils de microbiote cutané comme biomarqueurs d’effet des expositions professionnelles. Une étude transversale sera menée auprès de populations de travailleurs présentant des expositions bien caractérisées à différents risques professionnels, et comparée à des groupes témoins non exposés. En identifiant des signatures microbiennes associées aux expositions, cette recherche ambitionne d’établir le microbiome cutané comme un outil innovant, non invasif, pour l’évaluation de l’exposome en santé au travail et le développement de stratégies de prévention.