L’alimentation joue un rôle clé dans l’exposition aux PFAS en Suisse
Une nouvelle étude, mandatée par l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) et l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), coordonnée par Unisanté, a été conduite dans les cantons de Vaud et de Berne. Elle révèle que l'ensemble de la population adulte testée est exposée aux substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), communément appelées «polluants éternels». L'alimentation, en particulier la consommation de poisson, constitue une cause importante des niveaux d'exposition.
Les PFAS, des polluants synthétiques persistants, sont associés à plusieurs risques pour la santé. Comprendre comment ces substances entrent dans l’organisme reste complexe. Une étude récemment publiée cherche à identifier les principales sources d’exposition, elle montre que certains PFAS sont présents dans toute la population testée dans les cantons de Vaud et de Berne.
Le PFOS et le PFOA, des PFAS dits «historiques», ont été détectés dans le sang de 100% des 630 adultes testés. Il ne s’agit pas seulement de traces isolées, mais de concentrations mesurables et quantifiables.
Ces produits chimiques sont aujourd’hui interdits parce qu’ils se dégradent très lentement dans l’environnement, s’accumulent dans l’organisme humain au fil du temps et peuvent avoir des effets nocifs sur la santé, même après leur interdiction.
Douze autres PFAS ont été décelés à des niveaux variables. L'âge avancé et le sexe masculin constituent les facteurs les plus importants d’une forte exposition, qui s’explique notamment par la persistance de ces substances utilisées pendant des décennies.
L’étude met en évidence que les habitudes alimentaires jouent un rôle central: les régimes à dominante végétale sont associés à des concentrations plus faibles, alors que la consommation de poisson, en particulier de saumon et de poissons d'eau douce locaux, est reliée à des niveaux significativement plus élevés d'exposition.
D'autres facteurs ont également été identifiés, dont la consommation d'alcool, l'utilisation de fart de ski ou de sprays imperméabilisants, ainsi que certaines expositions professionnelles.
Avancée européenne et base de référence à compléter
Ces résultats permettent une meilleure compréhension des facteurs multiples influençant l'exposition aux PFAS dans une population adulte européenne et fournissent une première base de référence sur l’imprégnation de cette population par un large éventail de PFAS.
Cette étude transversale - c’est-à-dire réalisée à un moment donné - devra être complétée par des travaux portant sur des échantillons plus vastes et intégrant un suivi dans le temps. Cela permettrait de confirmer ces observations et ainsi ouvrir la voie à l’élaboration de recommandations de consommation alimentaire mieux ciblées ces prochaines années.
Cette recherche, publiée dans Environment International, s'inscrit dans le cadre de la phase pilote de l'Étude suisse sur la santé (SHeS), menée en 2020-2021. Elle a été coordonnée par Unisanté et financée par l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) et l'Office fédéral de la santé publique (OFSP).
Référence
Julien Riou, Céline Fragnière Rime, Natalie von Goetz, Semira Gonseth Nussle, Alexandra Jaus, Carlo R. Largiadèr, Marcel Zwahlen, Murielle Bochud, Diet, lifestyle, and sociodemographic influences on serum concentration of PFASs: Insights from human biomonitoring in Switzerland, Environment International, Volume 211, 2026,
110251, ISSN 0160-4120, doi:10.1016/j.envint.2026.110251