Évolution de la médecine générale : comparaison des prévisions de 2012 avec la réalité de 2025 et prévisions pour 2035

Abstract

Introduction

La médecine générale représente le premier point de contact entre le patient ou la patiente et le système de soins et constitue le socle de tout système de santé efficace. Son importance tient à l’établissement du diagnostic initial dans une approche globale et continue de la santé et, si nécessaire, à l’orientation vers des services spécialisés et des urgences.

Du fait notamment de l’évolution des coûts de la santé, du vieillissement de la population, de la multiplication des maladies chroniques, des besoins spécifiques de groupes spécifiques de la population en termes de prévention et de promotion de la santé mais aussi des changements dans les attentes des professionnels de la santé, la médecine générale subit des changements qui affectent l’ensemble de la société.

En 2012, Unisanté et l’IDHEAP ont réalisé une première étude pour identifier les principales évolutions de la médecine de premier recours dans le canton de Vaud à l’horizon 2025. Dans un souci de continuité, les deux institutions se sont associées pour comparer l’avis des experts et expertes de 2012 avec la réalité observée en 2025 et investiguer quant à leurs prévisions attendues à l’horizon 2035.

Méthode

Deux enquêtes ont été réalisées. La première demande aux experts et expertes de comparer les résultats de 2012 avec la réalité observée en 2025 (entretiens individuels oraux). La deuxième, réalisée par un questionnaire en ligne, les interroge sur les prévisions de la médecine générale d’ici 2035.

Résultats

Parmi les nombreuses données de ce rapport, relevons que les principales prévisions envisagées en 2012 et confirmées en 2025 concernent la propriété des cabinets médicaux avec le développement des groupes financiers en tant que propriétaires de ces cabinets ; le rôle des collectivités publiques ou des assurances maladie qui ne s’est pas confirmé et le rôle des hôpitaux comme initiateur et propriétaire de cabinets médicaux qui n’avait pas été anticipé.

Pour les prévisions de 2035, la première tendance qui se dégage est le développement de pratiquement toutes les structures de prise en charge des patients et patientes en médecine générale. Seuls les cabinets individuels (médecins généralistes) subiront une diminution. Les structures pluridisciplinaires devraient en particulier prendre une importance accrue, notamment en fonction de la structure de la population et des besoins spécifiques des régions. Deux tendances, déjà identifiées en 2012, sont confirmées pour 2035 : la baisse de la pratique en cabinet médical individuel et, en parallèle, l’attrait pour le travail dans un cabinet de groupe, composé de plusieurs médecins généralistes, parfois associés avec d’autres spécialistes ou professions de santé (physiothérapeute, infirmier ou infirmière). Au sujet de la reconnaissance sociale, celle-ci devrait peu évoluer.

Les experts et expertes considèrent que le nombre de personnes formées en Suisse ne suffit actuellement pas et que le recrutement dans l’Union européenne va s’intensifier.

Conclusion

Le vieillissement de la population, l’augmentation des coûts de la santé, la démographie et les conditions socio-économiques vont influencer la médecine générale durant la prochaine décennie. Le manque de relève et les développements technologiques ainsi que le changement climatique constituent des facteurs qui auront eux-aussi une incidence sur la pratique médicale. Les mouvements migratoires et les problèmes d’approvisionnement en médicaments et matériel médical devraient également avoir un impact sur la médecine générale.