Traitements agonistes opioïdes dans le canton de Vaud : le profil d’une population vieillissante

Abstract

Contexte

Le traitement par agoniste opioïdes (TAO) est une approche thérapeutique établie en Suisse depuis 1975 pour gérer la dépendance aux opioïdes. Il repose sur un constat simple : la majorité des problèmes de santé et des difficultés sociales rencontrés par les personnes souffrant d’un syndrome de dépendance proviennent principalement de leurs conditions de vie précaires et de la nécessité de se procurer ces substances sur le marché noir, où leur qualité peut varier. Le principe de ce traitement est donc de substituer les opioïdes illicites, comme l'héroïne, par des médicaments légaux aux effets similaires dits agonistes, prescrits sous contrôle médical. Il réduit ainsi l’effet de manque et la consommation d’autres opioïdes. Cette approche vise plusieurs objectifs à long terme en lien avec la réduction des risques et l’aide à la survie : diminuer le taux de mortalité chez les personnes dépendantes, améliorer leur état de santé somatique et psychique, ainsi que leur qualité de vie et limiter la transmission de maladies infectieuses. Depuis 2018, une alternative thérapeutique est offerte dans le canton de Vaud pour les personnes souffrant d'une dépendance sévère aux opioïdes et pour lesquelles les traitements agonistes classiques se sont avérés insuffisants : le traitement assisté par diacétylmorphine (DAM), l'héroïne pharmaceutique. Enfin, depuis 2021, les patient·es vaudois·es présentant un syndrome de dépendance aux benzodiazépines ou aux médicaments apparentés (Z-drugs) peuvent également bénéficier d’un traitement agoniste à base de benzodiazépines de longue demi-vie ou de Z-drugs, selon les mêmes modalités que le TAO.

Dans le canton de Vaud, différentes données relatives à ces traitements et aux patient·es concerné·es sont récoltées dans le cadre du processus d’attribution des autorisations de traitement (voir la note méthodologique en fin de document ou un précédent rapport pour plus de précisions). Ces informations offrent un aperçu détaillé de la patientèle et des modalités de remise des traitements, permettant d'évaluer la situation socio-professionnelle et épidémiologique des personnes concernées. L’analyse de ces données contribue au pilotage des politiques de santé publique dans ce domaine.

De précédentes analyses ont montré que l'âge moyen des patient·es bénéficiant d'un TAO est en augmentation, reflétant une tendance au vieillissement de cette population. Les offres de soins à bas-seuil d’accès pour l’aide à la survie, la réduction des risques, les TAO et les traitements contre le VIH et VHC ont aidé une partie de ces personnes à rester en vie et à vieillir tout en souffrant d’addictions. Or, l'augmentation de l'âge des patient·es sous TAO s'accompagne inévitablement d'une hausse des comorbidités. Ce rapport vise à explorer plus en détails la situation des patient·es.